Certains choix d’organisation du travail peuvent permettre l’optimisation des ressources, une plus grande efficacité opérationnelle et un renforcement de l’engagement des salariés, des pistes à explorer…
Quand la conjoncture se durcit, les entreprises ressortent les vielles recettes pour améliorer la rentabilité. Des actions de réduction de coûts classiques qui peuvent altérer le moral des troupes sans régler certains dysfonctionnements de fond.
Il existe pourtant des leviers d’économie pouvant revêtir une dimension innovante en matière d’organisation du travail et de management. Des sujets encore tabous qu’il conviendrait d’explorer comme autant de gisements possibles d’économies et d’amélioration de l’efficacité opérationnelle des équipes à moyen terme.
Prenons la thématique de l’organisation du travail. A l’heure des technologies de l’information et du développement durable, il est curieux de constater par exemple, la sous-exploitation du concept de télétravail en France.
Certes, ce mode de travail nécessite quelques investissements pour la mise en place, notamment sur le plan informatique. L’utilisation des équipements professionnels et la garantie de sécurité informatique peuvent aussi poser question.
Néanmoins ces difficultés réelles dissimulent souvent des blocages culturels forts. L’encadrement d’un télétravailleur est perturbant. Les managers évaluent parfois difficilement la contribution du collaborateur. La mesure du présentéisme constitue alors un repère objectif à l’appréciation de ce dernier, même s’il peut être déconnecté de la qualité du travail fourni.
Pourtant le développement du télétravail pourrait constituer une opportunité de réduction de coûts mais aussi d’amélioration de nombreux paramètres de fonctionnement au sein des entreprises:
- Réduction des coûts immobiliers mais aussi d’entretien, de gardiennage et de fonctionnement des locaux
- Surcroît de productivité des salariés (réduction des déplacements et des temps de réunions non indispensables, choix des horaires et baisse de l’absentéisme)
- Evolution de la culture managériale de l’entreprise :
- Ne plus se limiter au temps de travail comme mesure de la performance des équipes impose une réflexion sur la nature de la contribution attendue de chacun.
- Identifier des redondances de rôles et responsabilités et améliorer le mode de délégation des managers seraient de nature à améliorer la productivité de l’équipe sur le long terme.
- Modernisation de l’image de l’entreprise et fidélisation des salariés
Pour les salariés le gain principal réside dans une plus grande motivation via une meilleure qualité de vie (rythme, habitat, équilibre vie privée/vie professionnelle).
Enfin sur le plan sociétal ce type de mesure serait très positif à 2 niveaux :
- Réduction des coûts environnementaux liés aux transports et comportement et baisse du gaspillage de ressources (électricité, eau, chauffage, fournitures…)
- Accès large aux travailleurs handicapés (c’est un sujet d’actualité)
Pourtant, le télétravail n’a pas encore trouvé sa place en France… Alors que l’initiative pourrait être a minima lancée sur la base du volontariat.
En faisant preuve d’ouverture, en misant sur la responsabilisation des individus, les directions pourraient utiliser les périodes économiques délicates pour repenser leur mode de fonctionnement dans une optique socialement plus juste. A nous d’être innovants et courageux dans nos propositions.
Marie Mascre-Willems
Commentaire par leslie — 15 janvier 2010 à 8 h 50 min
A l’heure des nouvelles technologies (où chacun a son Blackberry ou IPhone greffé à l’oreille), mais aussi des problématiques environnementales, il me semble que la plus grande barrière reste essentiellement la culture et ce besoin de « voir » les salariés travailler pour s’assurer qu’ils ne sont pas payés à rien faire…
Mais à juste titre, cet article met en avant la relation Win/Win que permet le télétravail : Pour les entreprises, des économies certaines et pour les salariés, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Alors à quand la visite d’un appartement avec sa pièce dédié au travail et un choix de vie autre que le repérage d’une ligne de métro suffisamment pratique pour se rendre au bureau sans y passer 1H…
Cependant, pour l’avoir déjà pratiqué, il y a quand même un bémol au télétravail, c’est l’isolement du salarié. C’est pourquoi, il est important de maintenir le lien avec des points d’équipe réguliers, en présentiel, pour éviter la déconnexion.
Commentaire par Naïma et Edwige Université Paris 13 — 30 avril 2010 à 11 h 29 min
Je trouve cet article très intéressant. En effet, même si le télétravail à quelques inconvénients, tels que l’isolement du salarié, le manque de relations sociales avec les collègues, il y a tout de même de nombreux avantages à utiliser cette organisation du travail. Ce mode d’organisation engendre moins de stress pour le salarié, du fait de ne pas avoir la surveillance de son supérieur hiérarchique. Le salarié n’a plus, notamment, à supporter le temps de transport. Il bénéficie d’une meilleure qualité de vie dans la mesure où le télétravail permet selon moi de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. L’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’accès à internet favorise notamment le télétravail. Selon moi, le télétravail permet d’être plus efficace et constitue pour les personnes à mobilité réduite l’unique moyen d’accéder à une activité professionnelle. Je pense que les entreprises devraient davantage le développer.